UNE REALITE OBJECTIVE OU SUBJECTIVE ?

Saviez-vous que notre cerveau interprète la réalité et la déforme parfois afin de la faire coller à ce qui est connu ou pour permettre de nous protéger.

Tout repose donc sur la perception que celui-ci crée et génère de notre environnement. Que ce soit pour gérer nos propres attitudes en situation de changement ou pour gérer plus efficacement les informations que nous recevons quotidiennement, il convient donc de comprendre comment nous sommes dépendant des filtres de la perception.

Nous percevons en effet la réalité par nos sens qui nous bombardent de milliards de fragments d’informations à la seconde. Mais si l’on essayait de gérer ce flux de données, l’on deviendrait fou. Pour préserver notre santé mentale, nous devons donc filtrer les informations entrantes avant que le cerveau ne procède à un traitement et en génère une représentation personnelle. L’ensemble de celles-ci forme une représentation mentale unique qui nous permet d’avoir notre propre compréhension de la réalité.

Le schéma ci-dessous illustre sommairement le trajet de la réalité jusqu’au comportement.

Il y a trois processus particuliers qu’il faut connaître quand on veut comprendre la perception du changement, processus qui entrent en jeu pour la conservation des stimuli externes de notre environnement : La sélection, la distorsion et la généralisation.

Ces processus neurologiques agissent souvent à notre insu pour construire notre propre carte du monde. Ils font en sorte que, devant la nouveauté d’une situation, nous avons naturellement tendance à appliquer un programme connu, plutôt que d’en chercher un plus adéquat, de façon à éviter la recherche dérangeante et parfois inconfortable d’un nouvel équilibre.

FILTRE DE PERCEPTION N°1- LA SELECTION

La sélection (ou l’omission) consiste, comme son nom l’indique, à choisir dans l’expérience un aspect en particulier et à ignorer les autres qui nuanceraient à coup sûr ma perception. C’est ce qu’on appelle le focus de l’attention sélective.

Elle affecte le processus de perception et nous fait voir, écouter ou focaliser notre attention sur un stimuli en fonction de nos attentes, sans prêter attention au reste de l’information. Par exemple, je vais choisir d’accorder mon attention à un désavantage ou à un inconvénient plutôt qu’au contraire à un aspect positif.

Si je crois que ça va mal dans le monde et que le pire est à venir, je vais sans doute me jeter en premier sur les mauvaises nouvelles. L’objectif de la sélection ? Maintenir intacte ma carte du monde, la représentation que je me fais de la réalité. Et notre état d’esprit dépend en grande partie de ce à quoi l’on accorde notre l’attention, de ce que l’on sélectionne. Mais quand on en prend conscience, on peut changer volontairement le focus de son attention et, donc, changer son état d’esprit. Ne sous-estimons pas l’impact sur notre moral et, à fortiori, sur notre motivation, de ce à quoi nous prêtons attention.

Bien qu’il s’agisse d’une mécanisme qui permette à l’individu de filtrer les informations importantes et ainsi d’éviter une surcharge de stimuli, la perception sélective nous fait perdre des informations de valeurs dans de nombreuses situations.

Afin d’éviter de vous retrouver injustement soumis à ce principe de perception, voici donc quelques conseils essentiels :
– Ne jugez jamais trop rapidement une situation, une personne ou un évènement qui entre dans votre vie.
– Trouvez toujours trois points positifs à toutes les expériences de votre vie.
– Prenez toujours le temps d’observer, de regarder, d’apprécier, de comprendre.

FILTRE DE PERCEPTION N°2- LA DISTORSION

La distorsion est une autre façon de fonctionner de notre cerveau et elle a fort à voir avec l’imagination et la créativité. Le filtre de distorsion représente le processus par lequel nous modifions inconsciemment nos perceptions ou nos représentations. Prenons l’exemple de l’enfant qui imagine un monstre à la fenêtre parce qu’il a vu le rideau bouger.

Amplifier ou minimiser l’importance de certains aspects de la réalité sont des processus créatifs. Mais ils peuvent également générer le pessimisme ou l’optimisme. On fait de la distorsion quand on exagère par exemple une conséquence possible d’un changement, et que l’on étend cette perception à l’ensemble de notre vie ou de notre entourage.

Le mécanisme de distorsion est présent dans toute démarche créative, artistique et dans les situations d’anticipation du futur.

La rumeur est un bon exemple d’une conséquence possible ou imaginée qui va souvent susciter des états d’esprit négatifs qui se généralisent et qui, très souvent, n’ont aucun lien avec la réalité.

Même si cela se passe dans l’imaginaire, la conséquence sur notre état émotif est la même car, rappelez-vous toujours que le cerveau ne fait pas la distinction entre le réel et l’imaginaire.

Nous utilisons également ce mécanisme cérébrale pour interpréter notre expérience de façon telle qu’elle puisse rester cohérente avec notre carte du monde.

Bien trop souvent notre cerveau déforme donc les évènements ou les informations pour les faire coller à une réalité qu’il connait ou qu’il considère comme plus simple !!

Une preuve de distorsion de lecture :

Notre cerveau crée une distorsion afin de replacer les lettres dans ce qui est connu.

Voici donc quelques nouveaux conseils pour éviter que ce filtre de perception vous induise dans des erreurs d’appréciations :
– Quittez sans cesse le tout noir ou le tout blanc pour découvrir les zones nuancées de votre vie et vos expériences. Apprenez à vous positionner dans la zone du milieu afin de toujours rendre objectives vos interprétations.
– Remettez toujours en question ce que vous considérez comme une vérité absolue et vos certitudes sur ce que vous savez. Nos distorsions sont induites en grande partie par nos croyances.
– Ouvrez-vous à la nouveauté permanente et à l’apprentissage constant. Apprenez à vous connaitre et à mettre de la conscience sur qui vous êtes vraiment.

FILTRE DE PERCEPTION N°3- LA GENERALISATION

La généralisation permet d’étendre un nouvel apprentissage maîtrisé, lié à un événement du passé, à toute situation qui s’y apparente quelque peu.

Par exemple, si vous avez appris le fonctionnement d’un clavier de type AZERTY (ou QWERTY selon le cas), vous n’aurez pas à refaire cet apprentissage à chaque fois que vous allez vous retrouver devant ce type de clavier. Vous allez généraliser cet apprentissage (qui est la référence) et retrouver tout de suite l’emplacement des touches là où vous vous attendez qu’elles soient.

Ou encore, lorsque nous sommes habitués à une façon de voir les choses, il est plus difficile de s’adapter à une autre façon.

Où est la France ??

La première réaction de votre cerveau face à cette situation nouvelle sera d’appliquer le programme qu’il connaît, de généraliser donc, mais sans nécessairement obtenir les mêmes résultats, puisque cette nouvelle situation requiert une nouvelle réponse de votre part. Vous pourrez même alors vous sentir incompétent.

Et maintenant où est la France ??

 

La généralisation nous épargne donc bien de l’énergie dans la gestion du quotidien. Mais elle peut aussi agir comme une limite importante. Cette mécanique du cerveau rend plus difficile l’innovation et explique en partie la résistance au changement et au manque d’adaptabilité.

La généralisation est aussi le mécanisme en action derrière les préjugés. Nous manquons alors de nuances face à une situation nouvelle ou un apprentissage nécessaire, et adoptons des comportements automatiques, et considérés par notre cerveau comme plus efficaces. Avec le temps et la répétition, vous vous faites une opinion sur vous-même, vous développez même des croyances fortes sur vos capacités ou non à gérer ces défis.

Alors pour éviter de généraliser, et de s’enfermer dans des mécanismes de perceptions réduits :
– Adoptons une prise de recul pour chaque situation dérangeantes ou imprévues.
– Nuançons chaque pennée associée à ces situations. Quel regard juste et lucide doit on poser sur chaque chose qui croise notre route ?
– Restons attentifs, et calmes !! Le bon sens prévaut toujours au jugements préconçus ou à la pensée préétablie.

 

Avec mes meilleures intentions !

Alexandre ANTONIENKO

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